Quel vidéoprojecteur choisir :

DLP, TRI-LCD ou LCOS(SXRD, D-ILA)?

Octobre 2012 Mise à jour Décembre 2015

Quelle technologie dois-je choisir?
Toutes les personnes qui se lancent dans la vidéoprojection à la maison se sont un jour posé la question. La réponse n'est pas simple. En effet, ce sont des technologies parfaitement concurrentes. C'est-à-dire qu'elles sont utilisées pour la même chose, dans les mêmes conditions. C'est au consommateur de faire un choix. Et s'il existe trois technologies pour la vidéoprojection privée, c'est qu'il n'y en a aucune de parfaite. Le choix se fera donc en partie en fonction du type d'image que vous aimez, mais surtout en fonction des compromis que vous êtes prêts à faire. Quel que soit le type de vidéoprojecteur que vous choisirez, il faudra accepter ses défauts et faire avec. Sachez également que ces défauts, dont nous allons parler par la suite, ne sont qu'une généralité et qu'ils s'atténuent avec le temps (évolution technologique oblige) et avec le budget que vous êtes prêts à y consacrer.

Commençons par les vidéoprojecteurs DLP.
C'est certainement la technologie la plus fiable dans le temps. Elle est déjà éprouvée. Ces vidéoprojecteurs donnent des images très flatteuses avec un excellent piqué, une excellente colorimétrie, un excellent contraste intra-image. De bons noirs même en natif, bien que certains soient équipés d'un iris dynamique pour en renforcer encore la profondeur dans les scènes sombres. Ce sont également les vidéoprojecteurs les moins chers à l'achat. On trouve de très bons DLP à moins de 1500€, voir même moins de 1000€. Alors vous allez me dire, c'est tout bon ça, pourquoi me torturer le crâne, je vais prendre un DLP... Eh bien non, ce n'est pas aussi simple.
Le gros défaut des DLP sont les AEC (effets arc-en-ciel). Les DLP ne possèdent qu'une seule matrice (appelée matrice DMD). Les rayons lumineux passent à travers une roue chromatique qui possède au moins trois segments (un par couleur primaire plus éventuellement d'autres pour le blanc ou d'autres couleurs). Cette roue tourne pour sélectionner l'une des couleurs à envoyer sur la matrice. Chaque couleur primaire arrive donc l'une après l'autre sur la rétine. C'est ensuite le cerveau, grâce à la persistance rétinienne, qui fait les mélanges. Mais quelques personnes dont le cerveau est très rapide, arrivent sur certaines scènes très contrastées à séparer les couleurs et voient ces AEC. Il y a également des personnes qui rapportent une fatigue oculaire, voire des malaises, attribués à ces AEC, même sans les voir. Bref, si vous avez la malchance d'y être très sensibles, les vidéoprojecteurs DLP ne sont pas pour vous. De même, si vous avez une tendance à la « paranoïa ». En effet, à la moindre fatigue, vous ne pourrez vous empêcher de vous demander si cela ne vient pas de votre vidéoprojecteur ! Certaines personnes sensibles font avec et ne sont pas trop dérangées par ces AEC. D'autres, une fois qu'ils ont découvert leur sensibilité, ne voient plus que ça. L'idéal est d'aller essayer un vidéoprojecteur DLP d'un bon niveau de gamme chez un ami ou dans un magasin pour voir si vous êtes sensibles aux AEC et s'ils vous dérangent. Sachez que plus la roue possèdent de segments et plus elle tourne vite (donc plus on monte en gamme), moins il y a de chances de voir des AEC. Les Tri-DLP permettent de s'affranchir de ces AEC puisqu'ils possèdent une matrice par couleur primaire. Le mélange des couleurs se fait donc avant la sortie du projecteur. Mais ce sont des projecteurs professionnels qui nécessitent un budget (plusieurs dizaines de milliers d'euros), incompatible avec une utilisation privée (en tout cas pour le commun des mortels).
Bon, mais les AEC ne sont pas les seuls inconvénients. Les DLP sont réputés pour être plus bruyants que les Tri-LCD ou les LCOS. Cela n'est qu'une généralité et dépend bien évidemment des modèles. Cependant, ceci associé au fait que la plupart des DLP ne possèdent pas de lens-shift horizontal, en font les vidéoprojecteurs les plus difficiles à placer dans la pièce (assez loin du spectateur pour le bruit et bien centré horizontalement sur l'écran).

Aller, maintenant, on passe aux vidéoprojecteurs Tri-LCD.
Comme leur nom l'indique, ils possèdent trois matrices (une par couleur primaire) à travers lesquelles passe la lumière. Par conséquent, à l'instar des Tri-DLP, il n'y a aucun effet AEC avec ces projecteurs. L'image est moins claquante que celle fournie par les DLP. Elle est décrite par certains comme plus reposante, plus douce. C'est moins flatteur de prime abord, mais ce type d'image a ses adeptes. La plupart des Tri-LCD possèdent deux lens-shifts (bien que certains même encore de nos jours n'en possèdent pas). Ils sont également peu bruyants dans l'ensemble ce qui les rend plus faciles à intégrer dans la pièce.
En revanche, ils ont également un certain nombre de défauts.
Le contraste natif et la profondeur des noirs sont bien inférieurs aux DLP. Les constructeurs ont donc ajouté un iris dynamique à la plupart de leur modèles Tri-LCD. Cet iris va se fermer en partie pour diminuer la quantité de lumière dans les scènes sombres pour renforcer les noirs, et se rouvrir dans les scènes claires. Ceci aura pour effet de renforcer la sensation de contraste entre les scènes sombres et claires (c'est ce qu'on appelle le contraste dynamique), mais n'améliorera pas du tout le contraste intra-image. De nos jours, ces iris sont très performants. Ils sont rapides et silencieux et passent inaperçus pendant la projection. A tel point que la profondeur des noirs de certains Tri-LCD dépasse celle des DLP. Certains constructeurs de DLP ont donc rajouté un iris dynamique sur quelques modèles pour concurrencer les Tri-LCD les plus performants.
Les Tri-LCD ont également le défaut d'avoir souvent un mauvais alignement des matrices. Ce défaut est peu gênant en réalité mais cela contribue à une perte de piqué par rapport aux DLP. Remarquez que si vous êtes gêné par ce défaut, c'est qu’il est trop prononcé et qu'il faut retourner votre projecteur en SAV.
L'effet de grille est un autre défaut des Tri-LCD peu gênant en pratique. Il est lié au fait que les pixels sont plus espacés que dans les DLP. Par conséquent, si on est trop près de l'écran on peut voir la grille de la matrice. Ce n'est absolument pas un problème avec les projecteurs FullHD, surtout si le spectateur est situé à une distance recommandée de l'écran (n'hésitez pas à utiliser notre calculateur).
Les Tri-LCD sont également sujets au shading, légère dérive de couleur qui est invisible à l'usage. Cela devient un critère de retour SAV si c'est visible (et gênant) pendant la projection.
Notons que les matrices LCD vieillissent moins bien que les DMD. Mais c'est suffisamment lent pour que l'on ait envie de changer de projecteur avant qu'elles soient arrivées à bout!
Notons que les projecteurs Tri-LCD suffisamment performants pour une utilisation home cinéma (surtout en ce qui concerne les noirs) sont souvent un peu plus chers que les DLP. Il faut compter un minimum de 1000-1200€.

Et la technologie LCOS?
LCOS pour Liquid Crystal on Silicon. C'est actuellement la dernière génération de vidéoprojecteurs. Ce sont trois matrices LCD situées sur une surface réfléchissante. La lumière ne vient donc plus de derrière comme sur les Tri-LCD, mais est réfléchie comme sur les DLP. En gros, ils combinent le meilleur des deux technologies précédentes. Il existe plusieurs types de matrices : les SXRD de Sony, les D-ILA de JVC et les Réflective Tri-LCD d'Epson (même si ces derniers ne sont pas tout à fait des LCOS puisqu'Epson utilise du quartz et non du silicone).
C'est la technologie qui offre les plus beaux noirs, surtout les D-ILA qui possèdent un contraste natif sans équivalent (mis à part les bons vieux tritubes).
L'effet de grille est quasi nul, la colorimétrie excellente, aucun effet AEC, un très bon piqué.
Les seuls défauts que l'on peut trouver pour l'instant à cette technologie, c'est le prix (compter un minimum de 2500€ à ce jour) et la longévité (il semblerait que les matrices LCOS vieillissent plus vite que les Tri-LCD). Ils ne sont pas non plus exempts de shading mais ce n'est pas plus gênant que pour les Tri-LCD.

Alors avec tout ça, lequel choisir?
Nous allons tenter une réponse pour vous aider:

– Si vous avez un budget de moins de 1000€, DLP sans hésiter. Ils n'ont aucun équivalent à ce prix, sauf si vous êtes très sensibles aux AEC. Si vous ignorez votre "statut AEC", ça vaut le coup de tenter quand même l'expérience DLP.

– Si vous avez un budget entre 1000 et 2500€, la question se pose plus avec les Tri-LCD qui commencent à être performants dans cette tranche de prix. Le choix peut se faire en fonction de vos goûts en terme d'image, de votre sensibilité aux AEC, et de vos contraintes de placement. Sachez toutefois que la plupart des habitués aux DLP qui passent au Tri-LCD sont déçus. C'est rarement le cas pour ceux qui font le chemin inverse.

– Si vous avez un budget supérieur à 2500€, choisissez un LCOS.

Si vous êtes arrivé au bout de cet article et que vous n'avez pas encore fait votre choix, nous allons le faire pour vous : prenez un Tri-LCD.
Cela peut paraître étonnant comme conseil mais si vous hésitez encore, c'est vraisemblablement que vous débutez dans le monde de la vidéoprojection et que les AEC des DLP et le prix des LCOS vous font peur. Les Tri-LCD sont un bon compromis qui pour un budget moyen ne vous décevront pas.